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Amérique du sud

Cépage Carménère à la sauce Chili

Cépage Carménère à la sauce Chili
mars 04
14:34 2014

Le Chili, un nom qui évoque déjà le vin. 4000kms du nord au sud et peu de régions où la viticulture est absente. Le pays étant montagneux et au bord de l’océan Pacifique, il possède les qualités nécessaires à la culture du raisin dans ces nombreuses vallées. La côte Est près de la cordillère des Andes est chaude tandis que le côté Est accueille les vents frais de l’Antarctique. Le Chili a donc une grande variété de vin et possède aussi son cépage star (cousin du Cabernet), le Carménère.

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Nous n’avions qu’une semaine donc autant vous dire que nous n’avons vu qu’une infime partie de ce que ce pays est capable de produire. Nous avons rejoins Valapraiso (ville portuaire de charme et connu pour son côté artistique et la maison de Pablo Neruda) depuis Santiago. Entre ces deux villes se situe la vallée de Casablanca, région relativement fraîche, en tout cas suffisamment pour y produire des vins blancs d’une belle fraîcheur (Sauvignon Blanc et Chardonnay principalement) et du Pinot Noir, plutôt rare au Chili. Les domaines sont peu nombreux (une douzaine environ) mais même si certains se qualifient de vignobles boutiques, ils sont d’une taille importante et appartiennent pour beaucoup à de grands groupes (comme Concha y Toro).  Cependant, l’accueil est chaleureux et la qualité des visites ou dégustations est agréablement surprenante. Nous avons choisi nos domaines de façon aléatoire ou tout du moins sans consulter de guides mais plutôt la population ; ainsi, nous avons découvert les domaines de Casas del Bosque, Bodega RE et Lloma larga. Les trois nous ont présenté des vins de qualité ; le premier à la pointe de la modernité où nous découvrons le système d’irrigation (nécessaire quasi partout au Chili) et surtout un ingénieux régulateur de chaleur (sorte de ventilateur géant) pour éviter le gel ; chez Bodega RE, la surprise est encore au rendez-vous puisque l’œnologue s’amuse à réaliser des assemblages inédit : Chardonnoir (chardonnay et Pinot Noir), Cabergnan (Cabernet et Carignan), Syranoir (Syrah et Pinot Noir) ou encore Pinotel (Pinot Noir et Moscatel). Enfin, chez Lloma larga nous avons fait la connaissance d’Alejandra qui parle un français impeccable et qui nous fera une dégustation privée même si nous étions censés réserver à l’avance. De plus, ce domaine s’attache à révéler au maximum le terroir dans son vin (cuve inox, peu de filtration…) et possède un des rares Cabernet Franc du pays grâce à un sol caillouteux sur son domaine.

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Après avoir goûté d’autres vins de la région, nous sommes allés voir du côté de la vallée de Maipo, région la plus importante du Chili en terme de vin. Situé au sud-ouest de Santiago, la région est plus chaude et c’est naturel d’y trouver plus de cépages « chauds » tels les cabernets, syrah et biensûr Carménère.

Dans la ville de la Isla de Maipo, nous avons choisi de passer du temps dans un grand vignoble : De Martino qui a la réputation d’avoir crée la réputation du Carménère au Chili. En effet, en 1992, on découvre que beaucoup de plants qui étaient censés être des Cabernet sont en fait ce cépage disparu de France, le Carménère. Personne â ce moment ne souhaite révéler cette découverte car  afficher un tel nom de cépages sur les étiquettes signifierait une baisse sensible des ventes. De Martino en 1996 décide de rompre le silence et le succès fut au rendez-vous ; tous les autres vignobles suivirent le pas et furent du cépage l’étendard du vignoble chilien.

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De Martino possède des vignes un peu partout au Chili (Vallée de Maule, Casablanca, Elqui, Limari, Itata, Choapa ou Colchagua) ; c’était donc intéressant de pouvoir goûter les différents terroirs dans un et un seul vignoble. Ici, l’utilisation du bois est limitée pour respecter les caractéristiques du cépage. De Martino a plusieurs gammes, des vins simples jusqu’au vins fins et élégants. Plus surprenant, nous avons goûté un vin élaboré « à l’ancienne » : des grappes de Cinsault et de Carignan sont placées dans des grandes jarres en glaise que l’on referme, le pressurage se fait par la pression du CO2 dans le réceptacle, puis on y extrait le jus quelques mois plus tard. Le résultat est surprenant et même si les côtés crayeux et terreux ne permettent pas de dire que le vin est superbe, c’est une nouvelle sensation au palais qui m’enchante d’autant plus qu’elle fait rejaillir le côté ancestral de la production du vin chilien.

La route des vins se poursuit jusqu’à Santiago, jusqu’à un autre grand du vin : Cousino Macul. Là, Rodrigo nous reçoit, nous sommes seuls pour finir la journée avec lui. Le style de cette maison est résolument bordelais. Ce n’est pas pour nous déplaire surtout que, comme d’autres au Chili, cette maison fait vieillir ses bouteilles. Jusque là dans notre voyage, il était extrêmement rare d’avoir un vin plus vieux que 3 ans. Et ce jour là, nous avons tiré le gros lot : le patron de Cousino Macul souhaite mettre à la vente de très vieux millésimes et propose donc à la dégustation un de ces millésimes par jour pendant une semaine. Rodrigo nos informe donc qu’il y aura un verre de plus dans notre tasting et qu’il s’agira d’un Cabernet Sauvignon 1993 !!! Un régal en velours qui prouve que le Chili produit de la qualité depuis des lustres.

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Ainsi, nous finissons notre découverte en comblant un manque : boire un vieux vin de grande classe. Pour la petite histoire, j’ai acheté une bouteille de ce vin pour la somme ridicule de 14€ pour l’envoyer en France même si cela est prohibé.

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Le Chili nous a apporté de nombreuses joies inoubliables et encore une fois, de retour en France, je m’élèverai devant ceux qui classent les vins chiliens dans la catégorie des vins musclés à bas prix. Le Chili a bien entendu de grosses machines qui produisent ce genre de vin sans charme, édulcoré au goût du consommateur et de son portefeuille mais réduire le vin chilien à cette image est une hérésie. L’industrie du vin est ainsi faite que nous consommateurs ne pouvons juger que les vins qui sont à notre portée. En ayant visité l’antre du géant Concha Y Toro (deuxième producteur de vin mondial), nous nous sommes demandés pourquoi dans nos supermarchés européens, seuls les vins les plus bas de gamme (Castillero del Diablo) de cette maison sont à la vente.

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Aller chez un bon caviste indépendant et goûter le Chili! C’est un ordre ! 😉

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hollymat

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